PHILOSOPHIE  CHINOISE

 
 

Les Reproches

Ils sont souvent un grand problème dans le relationnel.



Quand je fais des reproches, je suis dans l’attente de quelque chose ! Et on sait dans la philosophie chinoise qu’il ne faut pas avoir d’attentes, car elles créent souvent des déceptions, donc de la souffrance. Par contre, on peut avoir des projets.


Donc, les reproches vont toujours créer un problème. Par exemple, si les chaussettes ne sont pas rangées, ou que la table n’est pas débarrassée, on est dans l’attente que les chaussettes soient rangées ou que la table soit débarrassée.


Pour régler le problème des reproches, il faut partir de soi !


Cela ne doit pas être “tu me poses un problème”, mais “cela me pose un problème”. N’oublions jamais au passage que : le “tu” tue ! Donc, évitez le “tu” !


Il faut donc absolument parler avec la personne de ce qui ne va pas, car cela va m’aider à comprendre pourquoi cela me pose un problème. Ainsi, les solutions vont venir ensemble. Il faut trouver des solutions ensemble, car


vivre ensemble, c’est apprendre à régler les problèmes.


Intéressant, n’est-ce pas ? Réjouissez-vous donc de vivre ensemble. Vous allez pouvoir en profiter pour apprendre à résoudre les problèmes.


Comment peut-on faire pour résoudre ces problèmes ?


Il faut générer une discussion pour trouver ensemble une solution.


Quand je suis dans le reproche, j’essaye d’imposer à l’autre ma solution au problème. Souvent on est confronté à deux logiques qui s’opposent (2 personnes = 2 regards = 2 logiques) : en effet, une personne verra par exemple pourquoi les chaussettes ne sont pas rangées en ce moment et de telle façon à tel endroit. Mais l’autre personne pense peut-être que je rangerai après, un peu plus tard, de telle manière et à tel endroit. Que cela veut-il dire ? Tout simplement que la conception des choses n’est pas la même entre deux individus.


Souvent on se prend la tête pour un rien, pour de petites choses. Nous sommes confrontés à la situation où nous pensons qu’il y a un bon et un mauvais (le bon, c’est celui qui veut que les chaussettes soient rangées de manière impeccable, et le mauvais est celui qui ne les a pas (encore) rangées) : nous sommes dans une interprétation ! Nous sommes en fait devant une sorte de “manque de respect” envers l’autre, car nous voulons que l’autre pense comme nous !


Dans les reproches, nous voulons amener l’autre à penser comme nous. Cela s’appelle du façonnage, ou une prise de pouvoir sur l’autre !


En plus, les reproches vont créer des blocages. Les blocages vont créer un mur hermétique où l’échange, le dialogue ne seront plus possibles. Et en plus, en médecine traditionnelle chinoise, on sait que les blocages créent des maladies.


Comment faire pour éviter les reproches ? Y a-t-il une meilleure solution, une solution plus adaptée ? Oui, il y en a une. Laquelle ? Le consensus. Dans le consensus, les différents partis concernés vont trouver un accord mutuel qui convient à tout le monde, où tout le monde est content. C’est la meilleure manière de résoudre un conflit. Mais cela demande une certaine ouverture des personnes concernées, autrement le consensus ne va pas être possible. Le consensus équilibré permet de se mettre sur la même longueur d’onde que l’autre, donc de voir l’être profond en nous, et en l’autre. On met l’être profond au milieu, et pas notre égo ! Le consensus est égal à un accord avec notre intérieur profond sur tous les points, ce qui revient à respecter l’autre pour ce qu’il est, ainsi que tous les êtres vivants, la nature, notre environnement et tout ce qui nous entoure.


Les situations conflictuelles peuvent être très intéressantes, car elles nous permettent de se découvrir, de révéler notre fonctionnement, et celui de l’autre. N’est-ce pas beau tout cela ? Mais pour cela, il faut du dialogue, pas des reproches, et il ne faut pas non plus que la situation conflictuelle dégénère !


Dans les reproches, je suis dans l’attente. C’est donc moi qui suis en cause. Il est donc important que je me pose les questions suivantes, afin de mieux me connaître :


  1. - Est-ce que je fais beaucoup de reproches ?

  2. - Comment diminuer les reproches ?

  3. - Comment vivre heureux sans reproches ?

  4. -Comment construire ensemble sans reproches et dans le respect, dans le dialogue et avec amour ?


Voilà la vision qu’il est conseillé d’avoir. On voit qu’il y a du travail, mais à nouveau, c’est une chance pour pouvoir nous découvrir et découvrir l’autre. Réjouissons-nous de cette opportunité qui nous est donnée !


Comment faire si l’autre personne a de la peine à comprendre les quelques exigences minimales qui sont importantes pour nous pour maintenir un bon équilibre relationnel (ranger les chaussettes, débarrasser la table etc.) ?


Au lieu de s’énerver et de faire des reproches parce que les chaussettes ne sont pas rangées ou que la table n’est pas débarrassée, on peut formuler une demande comme p. ex. : “Mon cher et tendre, il semblerait que les chaussettes ne vont pas toutes seules dans le panier à linges, ou s’il vous plaît, on débarrasse la table après les repas”, ou bien : “Aurais-tu la gentillesse de bien vouloir ranger les chaussettes, ou de bien vouloir débarrasser la table …”, ou : “Pourrais-tu s’il te plaît me donner un coup de main et ranger les chaussettes, ou débarrasser la table …”, ou encore, si l’autre personne ne comprend toujours pas notre message : “Je suis un peu contrariée de constater que les chaussettes ne sont pas rangées, ou que la table n’est pas débarrassée… . Ce serait sympa si tu pouvais le faire pour moi sans trop tarder”. Ou encore, pour engager le dialogue : “Que penses-tu de ces chaussettes qui traînent là, ou de la table qui n’est toujours pas débarrassée ?" ou : "Je suis contrariée par rapport à cela, pouvons nous en discuter maintenant pour améliorer cette situation ?” etc.


Engager une discussion en évitant les reproches est certainement le moyen à privilégier ! Dans les exemples donnés ici, le “tu” ne tue pas, car il n’est pas utilisé pour accuser ou culpabiliser, mais pour attirer l’attention de son interlocuteur.


S’il est nécessaire de discuter d’un problème important, il vaut mieux l’aborder en dehors du cadre habituel. Ainsi on se trouvera dans un cadre neutre. Aussi, la discussion doit se faire en dehors d’une situation de crise, autrement notre regard ne sera pas juste.


Chez les enfants, c’est un peu différent. En effet, chez eux, une subordination est nécessaire pour permettre l’éducation, car l’enfant n’a pas encore beaucoup de conscience. Mais attention, lors de l’adolescence le dialogue devra prendre une place toujours plus importante à la subordination !

 

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